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Blog sur la nature et ses merveilles

La Vallée qui chante - chapitre 7 -

 

"La vallée qui chante " écrit par Elisabeth Goudge n'est plus édité depuis longtemps. C'est un livre merveilleux qui parle des esprits de la nature.

Je vais vous faire découvrir cette belle histoire..

 

 

Au XVIIIe siècle,  dans la ville de Hard, la petite Tabitha Silver a découvert "la vallée qui chante" c'est à deux pas de la ville, un paradis terrestre souterrain, peuplé de créatures fabuleuses, auquel la simplicité de l'enfance peut seule donner accès.

Au début de ce récit féérique et fantastique, la consternation règne dans le petit port de Hard où l'on doit abandonner, faute de crédits, la construction d'un magnifique navire.

Finalement, grâce à l'intercession de Tabitha et de quelques artisans au cœur simple, le peuple de la vallée viendra au secours de la ville et fournira au chantier naval tous les matériaux dont il a besoin.

Un récit merveilleux où chacun retrouvera, le temps d'une lecture, son âme d'enfant.

 

Suite de l'histoire 

Ils débouchèrent sur un escalier en colimaçon à double volée, l'une montante et l'autre descendante, comme un escalier de phare.

- Mais c'est à des kilomètres de hauteur ! protesta Job tandis qu'ils se hissaient sans fin dans l'escalier tournant. Est-ce que Mignon va pouvoir s'en tirer ?

- Où est Mignon ? s'écria Tabitha

- Là ! gémit Job, j'avais parié que nous le perdrions !

Les deux enfants s'arrêtent net, les joues brûlantes de confusion, car dans l'excès de leurs ravissement ils avaient tout à fait oublié le caniche.

Inconsciemment, tous trois s'étaient laissés tomber dans l'escalier, les deux enfants côte à côte et Soisette une marche plus bas.

- Sans doute s'est-il fourré dans un terrier de lapin, dit paisiblement le Pied-fourré. Ne vous tracassez donc pas; Mignon est un chien d'une intelligence remarquable. Je le sais bien, car c'est moi qui l'ai fabriqué et j'ai eu soin de lui donner une dose d'esprit exceptionnelle.

- Vous croyez qu'il ne lui arrivera rien ? insista Tabitha.

- Bien sûr que non. Il n'est pas obligé de vous accompagner; il peut rentrer par sa propre porte.

- Il y a donc des portes spéciales pour les animaux ? 

- Il y en a une pour les animaux, une pour les fleurs, une pour les créatures des eaux, une pour les enfants; c'est par celle-là que vous êtes entrés, mais naturellement il vous est loisible d'emprunter n'importe laquelle des autres. Les créatures ailées n'en ont pas besoin; il leur suffit d'ouvrir leurs ailes.

- Nous avons vu tout à l'heure une troupe de cygnes s'envoler par-dessus les montagnes, remarqua Job. Etaient-ce des cygnes tout nouvellement créés qui s'envolaient pour la première fois, ou bien des cygnes en visite comme Mignon, Tabitha et moi ?

- Ce pouvait être l'un ou l'autre, répondit Soisette; mais il est rare que les oiseaux nous rendent visite; sans doute le fait d'avoir des ailes suffit-il à leur bonheur. Quand aux êtres humains, ils passent leur temps à aller et venir; ils ne semblent jamais satisfaits du monde où ils vivent. Il faut qu'ils soient bien sots, car n'est-ce pas eux qui le font tel qu'il est ?

- Est-ce que toutes les grandes personnes qui viennent ici sont obligées de redevenir enfants avant de franchir la porte ? demanda Job.

- Seuls les enfants sont admis ici. Mais ils n'ont pas à le redevenir : ils n'ont jamais cessé de l'être.

- Job n'est pas un enfant, protesta Tabitha. C'est même effrayant ce qu'il est vieux !

- Pas le moins du monde, répondit Soisette d'un ton catégorique. Elle commençait à en avoir assez : c'était épuisant de subvenir à la crasse ignorance des humains. Le corps vieilli qu'il a laissé dans la carrière n'est pas Job. Le vrai Job est un enfant. Il est humble, dénué d'hypocrisie et capable de faire des choses.

- Je ne sais pas ce que c'est que l'hypocrisie, objecta Tabitha, mais il y a au Hard des tas de gens humbles et capable de faire des choses; pourtant ils ne viennent pas ici.

- Qu'en savez-vous ? s'écria Soisette avec impatience; et son en-tout-cas oscilla d'arrière en avant, frôlant les genoux des enfants comme l'eût fait la queue d'un chat. Telle était son habitude lorsqu'on la contrariait.

- Je n'en ai jamais rencontré dans la Vallée; je m'y suis toujours trouvée seule.

- Il est bien difficile de rencontrer des gens dans la Vallée : elle est si vaste qu'elle n'a pas de frontières.

- Mais personne n'en parle jamais.

- Les personnes qui ont un corps de grande personne ne viennent ici qu'en rêve , ou sous la garde d'un enfant véritable, je veux dire un enfant aussi jeune d'ans que de cœur. Mais les rêves s'oublient vite, que ce soient des songes de la nuit ou des rêveries que l'on fait tout éveillé; et il n'y a pas une grande personne sur cent qu'un enfant véritable aime assez tendrement pour vouloir l'amener ici.

Le Pied-fourré s'arrêta un instant, puis murmura :

- J'ai entendu dire qu'il existe quelques enfants, dotés d'un corps de grande personne, qui sont capable de venir ici, seuls et en pleine connaissance de cause; mais ils sont rares, excessivement rares.

Job et Tabitha gardèrent le silence. Job pensait avec mélancolie au vieux corps perclus de rhumatismes qu'il lui faudrait bientôt revêtir à la place de son corps d'enfant: Tabitha d'avoir été assez peu aimante pour n'avoir amené que le seul Job dans la Vallée qui chante... Encore n'était ce pas elle qui en avait eu l'idée, mais son bon Ange la lui avait soufflée à l'oreille. 

- Y a-t-il autre chose que vous désirez savoir ? s'informa Soisette un tant soit peu ironiquement.

- Pas pour l'instant, merci, répondit Tabitha avec grande politesse.

- Alors continuons, dit le Pied-fourré en se levant. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je cesserai de me servir de mes pieds. Mes jambes sont lasses : ces marches, faites pour les Anges, sont un peu trop hautes pour moi. Je préfère voler, si cela ne vous fait rien. C'est alors que les enfants découvrirent à quoi servait le fameux en tout-cas : ce n'était pas seulement une queue, car on pouvait l'utiliser en guise d'ailes. Soisette déploya doucement son léger panache et flotta dans l'espace au-dessus des marches destinées aux Anges, et ils étaient bien las lorsqu'ils aboutirent enfin à la double porte de bouleau (une grande, une petite) qui donnait accès à l'atelier des Gnomes. Mais là ne s'arrêtait pas l'escalier; il continuait à monter, tournant toujours de plus en plus haut. 

 

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