Blog sur la nature et ses merveilles
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"La vallée qui chante " écrit par Elisabeth Goudge n'est plus édité depuis longtemps. C'est un livre merveilleux qui parle des esprits de la nature.
Je vais vous faire découvrir cette belle histoire..
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Au XVIIIe siècle, dans la ville de Hard, la petite Tabitha Silver a découvert "la vallée qui chante" c'est à deux pas de la ville, un paradis terrestre souterrain, peuplé de créatures fabuleuses, auquel la simplicité de l'enfance peut seule donner accès.
Au début de ce récit féérique et fantastique, la consternation règne dans le petit port de Hard où l'on doit abandonner, faute de crédits, la construction d'un magnifique navire.
Finalement, grâce à l'intercession de Tabitha et de quelques artisans au cœur simple, le peuple de la vallée viendra au secours de la ville et fournira au chantier naval tous les matériaux dont il a besoin.
Un récit merveilleux où chacun retrouvera, le temps d'une lecture, son âme d'enfant.
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Suite de l'histoire
"La vallée qui chante " écrit par Elisabeth Goudge n'est plus édité depuis longtemps. C'est un livre merveilleux qui parle des esprits de la nature.
Je vais vous faire découvrir cette belle histoire..
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Au XVIIIe siècle, dans la ville de Hard, la petite Tabitha Silver a découvert "la vallée qui chante" c'est à deux pas de la ville, un paradis terrestre souterrain, peuplé de créatures fabuleuses, auquel la simplicité de l'enfance peut seule donner accès.
Au début de ce récit féérique et fantastique, la consternation règne dans le petit port de Hard où l'on doit abandonner, faute de crédits, la construction d'un magnifique navire.
Finalement, grâce à l'intercession de Tabitha et de quelques artisans au cœur simple, le peuple de la vallée viendra au secours de la ville et fournira au chantier naval tous les matériaux dont il a besoin.
Un récit merveilleux où chacun retrouvera, le temps d'une lecture, son âme d'enfant.
Suite de l'histoire
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Le cygne se tut. Tabitha vit André monter sur le dos de la céleste créature. Le Capricorne, semblable à une vague monstrueuse, s'engouffra dans l'abîme avec une effrayante vélocité et tous deux disparurent par la porte qui donne entrée au royaume des mers.
Tabitha resta seule, souhaitant de toutes ses forces se trouver ailleurs. Le Cygne glissa jusqu'à elle et recommença à chanter :
- Ton œuvre est accomplie mon enfant. André n'aurait jamais retrouvé le paradis de sa jeunesse si un petit enfant ne l'avait mené jusqu'à la porte; mais il n'a plus besoin de toi et son pays t'es étranger. Grimpe sur mon dos; je vais te ramener à un lieu où tu seras heureuse.
Tabitha se faufila à travers les roses et se nicha sur le dos du Cygne, blottie entre les ailes puissantes avec autant de confiante douceur qu'entre les draps de son petit lit. Après un instant de vertige, elle rouvrit les yeux et regarda autour d'elle.
Que de fois, regardant au-dessus d'elle voler les mouettes, elle avait souhaité se trouver parmi elles ! Maintenant que son vœu était accompli, elle éprouvait encore plus de joie qu'elle ne l'avait imaginé. Le corps du Cygne, toujours doux et tiède, étincelait comme de l'argent et Tabitha avait l'impression de chevaucher une étoile: dans sa joie elle oublia jusqu'à l'existence de la terre et, baissant les yeux, embrassa d'un seul coup d'œil l'ensemble de l'Atelier, dont les vallées se déroulaient, l'une après l'autre, dans toute leur splendeur.
Le Cygne se dirigeait maintenant vers la terre. A sa gauche s'élevaient des sommets neigeux enveloppés d'un voile de brume, à sa droite des collines fleuries; juste en dessous de lui on apercevait des bois où serpentait l'éclair d'une rivière, et l'arche lumineuse d'un arc-en-ciel reposant sur la forêt d'où s'élevaient des chants d'oiseaux et le rire des enfants invisibles.
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Plus ils descendaient, plus nettement ils distinguaient une colline où folâtraient de joyeux animaux; Tabitha se mit à rire et caressa les plumes de son céleste coursier, car elle savait maintenant où il la conduisait.
Une troupe d'agneaux cambriolait sur la prairie, aux pieds d'une bergère assise sur un rocher. Une capeline abritait des rayons du soleil son visage rose et blond; Elle portait une robe rose retroussée sur un jupon vert semé de boutons de roses et tenait une houlette enrubannée. Un poney blanc et dodu paissait auprès d'elle; un chien à la toison bouclée dormait à ses pieds.
- Julie s'écria Tabitha. Chérie ! Mignon !
Julie leva les yeux et agita sa houlette, Mignon se réveilla et battit de la queue, Chérie hennit joyeusement; mais aucun d'eux ne manifesta la moindre surprise en voyant Tabitha descendre du ciel sur le dos d'un Cygne gigantesque. Celui-ci déposa doucement sa passagère sur la prairie et, s'élevant d'un coup d'ailes, disparut au dessus des bois comme une étoile filante.
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Tabitha se jeta au cou de Julie, serra Mignon dans ses bras et déposa un baiser sur le museau de Chérie . Puis elle les regarda, stupéfaite : jamais elle n'avait vu personne d'aussi heureux. Le visage de Julie, tout éclairé de fossettes, ressemblait à celui d'un chérubin; les yeux de Mignon resplendissaient entre ses poils et les oreilles dressées de Chérie paraissaient deux flammes de joie au-dessus de ses yeux paisibles.
- Raconte moi ce que tu as vu, Julie supplia Tabitha.
Et Julie inclina la tête.
Après avoir bondi par dessus la chaise, Mr Peregrine traversa la haie d'aubépine et s'élança dans carrière, si précipitamment qu'il vit à peine le jeune garçon qui accourait à sa rencontre. C'était un bel enfant plein de grâce, déjà coquet avec ses cheveux élégamment bouclés, habit vert à manchettes de dentelle et ses souliers à boucle d'argent. Mr Peregrine lui jeta un coup d'oeil distrait et courut droit à la petite porte avec Mignon sur ses talons; mais lorsqu'il y fut, il s'arrêta et courba la tête, car il n'y avait en lui aucune arrogance : son élégance innée était presque inconsciente. Il frappa et se tint aussi droit qu'un soldat attendant le mot de passe.
- Quel âge avez-vous ?
Le timbre profond de la voix le fit tressaillir et il pensa que, s'il était vraiment un soldat, il la suivrait jusque par-delà la mort.
- J'ai treize ans et mon chien en a trois. Pouvons-nous entrer ?
La porte s'ouvrit; l'enfant entra, suivit de son chien.
Ils se trouvèrent au pied du plus beau cèdre qu'Antoine eût jamais vu; et il en avait vu beaucoup, car bien que par métier il fût constructeur de navire, par goût il était dessinateur de jardins. Son enfance, partagée entre la grâce du XVIIIe siècle de la maison paternelle et l'élégance de Paris où il accompagnait si souvent sa mère française, lui avait appris à aimer tout ce qui est beau, noble et de justes proportions; s'il n'appréciait guère la nature à l'état fruste, jamais il n'était plus heureux qu'au milieu d'un jardin bien dessiné.
C'est dans un jardin de ce genre qu'il se trouvait à présent, et dans sa joie il fait en courant, avec son caniche, le tour du bassin qui s'ouvrait au centre d'une pelouse entourée de buis taillés; il sauta par dessus un massif d'héliotropes en forme de cœur et orné d'un cadran solaire , et grimpa quatre à quatre les marches d'une terrasse perdue dans un fouillis d'azalées.
Sur cette terrasse de marbre blanc s'élevait un petit temple à colonnes, avec un banc de marbre d'où l'on pouvait embrasser du regard le jardin dans son ensemble et son vaste horizon de montagnes. Antoine s'assit, écartant soigneusement les pans de son habit; Mignon se coucha à ses pieds; ils contemplèrent le jardin et le trouvèrent parfait, ou du moins presque parfait, car ils avaient vaguement l'intuition que quelque chose y faisait défaut.
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Les azalées couleur de flamme et de neige, s'étageaient à gauche par vastes masses, auxquelles répondaient à droite les fleurs de la roseraie. Une vaste pelouse s'ornait de massifs en forme de cœur plein de pensées, d'héliotropes et d'œillets, tandis qu'une longue plate-bande de gazon, qui longeait un vieux mur, regorgeait de phlox et de lupins, de pivoines, de campanules et de roses trémières. D'autres terrasses, d'autres pelouses montaient vers des boulingrins, des étangs étincelant sous les fougères. Des rocailles aux fleurs roses , bleues et cramoisies. Des ifs taillés de façon fantasque, en forme d'oiseaux, de quadrupèdes ou de chevaliers, séparaient les différents jardins où jaillissaient, ça et là, des bouquets d'arbres magnifiques, des fontaines, des statues et des bancs de marbre. Les oiseaux chantaient dans les feuillages; sur les pelouses passaient des paons, trainant derrière eux l'éventail splendide de leur queue. Près de la roseraie s'ouvrait un jardin japonais où serpentait un ruisseau parmi les iris et les saules pleureurs. On eut dit que le jardin n'avait pas de fin.
En vérité, tout était parfait, à l'exception de cette mystérieuse absence, et Antoine n'eût voulu rien y changer.
Cependant ses yeux revenaient sans cesse vers une forme énigmatique à demi aperçue de l'autre côté de la vallée descendant des sommets chargés de neige dont la blancheur n'était pas plus étincelante que la sienne propre. C'était une étrange créature qui ressemblait à un centaure, mi cheval et mi-homme. Antoine distinguait entre les arbres le corps vigoureux du cheval, les larges épaules de l'homme et le port magnifique de sa tête. Il paraissait tenir quelque chose à la main, mais quoi ? Antoine n'arrivait pas à le voir nettement. S'agissait il d'une statue de marbre ? Aucune de celles qui ornaient le jardin n'avait un éclat comparable au sien ; l'ont eût dit que ce éclat émanait, non su soleil, mais d'une mystérieuse irradiation intérieure.
Le jeune garçon sentit quelque chose bouger sur son genou; il baissa les yeux et aperçut un escargot; une légère traînée d'argent sortait de sa poche, où apparemment le colimaçon avait pris ses quartiers d'hiver. Antoine, qui adorait les jardins, détestait les escargots. Il s'apprêtait à jeter celui-ci par terre et à l'écraser d'un bon coup de talon, lorsque de très loin, lui revint le son d'une voix d'enfant : "C'est effrayant ce que l'on peut être méchant avec les escargots !". Il renonça à ses projets escargoticides et laissa en paix la bestiole.
Mais quelle petite fille avait prononcé ces mots ? Antoine regarda autour de lui. Car ce jardin réclamait une petite fille. Oui, tout parfait qu'il fût, il lui manquait une petite fille... Une petite fille sur un poney blanc. Pourquoi cela ?
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A force de se creuser la tête, il se rappela qu'un jour il y avait de cela bien longtemps, dans un jardin français, il avait rencontré Julie chevauchant un poney blanc. Il la retrouvait maintenant dans son souvenir, ravissante petite bergère pour qui il avait eu le coup de foudre et qu'il avait épousée dès qu'elle faut en âge de se marier. Pauvre petite bergère sans troupeau... Soudain il redevint Antoine Peregrine, l'homme fait qui avait de la peine parce que Julie avait perdu tous ses enfants... Elle avait essayé de se consoler avec des chiens. Elle les couvrait de rubans et les gâter déplorablement , mais elle y avait trouvé de la consolation. Antoine se pencha pour caresser la tête du caniche, heureux qu'il eut été secourable à Julie... Il remarqua avec étonnement que Mignon était dépouillé de ses rubans et portait intacte la toison que Dieu avait voulu pour lui.
Mais où donc était Julie ? Comment pouvait-il bien être venu sans elle dans ce jardin ?
L'escargot, ayant achevé de descendre tout le long de sa jambe, se précipitait vers les marches qui menaient à la roseraie.
Naturellement ! c'était dans la roseraie qu'il retrouverait la petite fille blonde car elle était née en juin, au moment de la floraison des roses. Antoine et Mignon bondirent par dessus l'escargot, s'élancèrent dans la roseraie, franchirent ses arceaux et ses massifs et suivirent la pergola jusqu'au bassin qui en marquait le centre. Julie était là, assise sur son poney, considérant d'un air pensif la surface éblouissante du bassin; mais elle paraissait esseulée. Comment Antoine avait-il eu le cœur de la laisser ainsi seule ?
Julie ! Julie ! nous voici ! cria t-il.
Julie se détourna, se laissa glisser à bas de Chérie, se laissa glisser à bas de Chérie et se précipita dans ses bras. Mignon sautait autour d'eux en aboyant et Chérie, les regardant d'un air débonnaire, ressemblait à une bonne d'enfants qui surveille ses marmots.
- Maintenant il ne manque plus rien à ce jardin. Mais sans toi, Julie, le jardin d'Eden lui-même serait inachevé.
- Bien sûr que je suis là ! Ta Vallée est ma Vallée et ton paradis, mon paradis.
Elle parlait comme une femme mais riait joyeusement comme la fillette d'autrefois; elle était à la fois enfant et femme et jamais Antoine ne l'avait tant aimée.
La main dans la main, les deux enfants s'élancèrent en riant dans le jardin; mais Antoine ne pouvait s'empêcher de jeter de temps à autre un coup d'œil vers la singulière statue.
- Qu'y a t-il au delà de cette Vallée je me le demande ? dit-il enfin. Si cette statue était un véritable cheval. Je pourrais monter dessus; tu prendrais Chérie et nous suivrions le ruisseau, au-delà du jardin japonais, pour voir où il va.
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