Blog sur la nature et ses merveilles
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"La vallée qui chante " écrit par Elisabeth Goudge n'est plus édité depuis longtemps. C'est un livre merveilleux qui parle des esprits de la nature.
Je vais vous faire découvrir cette belle histoire..
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Au XVIIIe siècle, dans la ville de Hard, la petite Tabitha Silver a découvert "la vallée qui chante" c'est à deux pas de la ville, un paradis terrestre souterrain, peuplé de créatures fabuleuses, auquel la simplicité de l'enfance peut seule donner accès.
Au début de ce récit féérique et fantastique, la consternation règne dans le petit port de Hard où l'on doit abandonner, faute de crédits, la construction d'un magnifique navire.
Finalement, grâce à l'intercession de Tabitha et de quelques artisans au cœur simple, le peuple de la vallée viendra au secours de la ville et fournira au chantier naval tous les matériaux dont il a besoin.
Un récit merveilleux où chacun retrouvera, le temps d'une lecture, son âme d'enfant.
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Suite de l'histoire
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Ils se trouvaient sur une colline tapissée de thym, de trèfle, de marjolaine et de toutes les fleurs odorantes sur lesquelles il est si délicieux de se rouler. Beaucoup d'animaux étaient précisément occupés à ce jeu : lions et agneaux, léopards et lièvres, ours de toutes les espèces, en un mot une arche de Noé en miniature; tous étaient robustes et joyeux.
Au pied de la colline se creusait une vallée emplie d'oiseaux, dont le chant s'élevait en un chœur de louanges; on eût dit que tous les oiseaux de la création s'y donné rendez-vous. Cependant les enfants ne purent s'attarder à les regarder, car Ariès les attendait visiblement et Tabitha se borna à cueillir quelques brins de thym qu'elle froissa entre ses doigts pour en emporter le parfum dans son monde à elle. Ils ne tardèrent pas à se trouver dans une prairie fleurie de violettes, dans laquelle folâtraient à l'envie agneaux et lionceaux. Ce que voyant, Tabitha et Job se mire à rire, éveillant en écho milles rires si joyeux qu'ils n'en avaient jamais entendu de semblables, même quand les écoliers de dame Threadgold sortait de classe. Ce lieu était-il rempli d'invisibles enfants ?
Le silence se rétablit lentement, mais ces rires semblaient avoir redoublé la gaîté des animaux qui gambadaient dans la prairie. L'un d'eux, un petit agneau couleur argent, se mit à faire des cabrioles avec tant d'exubérance qu'Ariès debout sur un rocher d'où il surveillait paternellement la troupeau, frappa du pied pour le rappeler à l'ordre, et, levant la tête, émit un long cri qui résonna comme une cloche de bronze. L'agneau voulut se rattraper au milieu d'une cabriole, roula par terre, se releva d'un bond et se précipita joyeusement vers lui. Ce n'était pas un agneau c'était Mignon.
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Le caniche se blottit au pied du rocher d'Arès battant de la queue et levant sur lui, en hommage, des yeux adorateurs. Tabitha se rappela alors que Mignon, lui aussi, était né en avril. Ariès abaissa sur lui un regard bienveillant et paru lui donner des instructions : le caniche se releva, sauta au cou de Tabitha et de Job et se mit à trotter vers le bas du coteau.
Allez maintenant, enfants d'avril, chuchota une voix silencieuse à l'oreille de Tabitha . Et souvenez-vous que chaque jour de votre vie mortelle, je brillerai sur vous du haut du ciel.
Les enfants s'en allèrent le long de la colline. C'était dur de quitter ce pays merveilleux et de suivre Mignon vers un bouquet de cyprès... Pourtant, lorsqu'ils y furent, ce lieu leur paru enchanté : entre les arbres se creusait une clairière aussi profonde que celle de la carrière; les cyprès l'entouraient comme un rempart d'épées hautes. Devant les enfants, sertie au flanc d'un coteau, une porte de cyprès était entrouverte. Mignon s'élança vers elle, en repoussa la battant et disparut. Tabitha et Job suivirent lentement; ils savaient que c'était la porte des animaux, menant dans leur monde, où ils n'avaient nul envie de rentrer. En arrivant près d'elle, ils firent halte pour jeter un dernier regard en arrière; mais le rempart de cyprès leur cachait la colline où s'ébattaient gaiement les animaux. Job eut l'impression que la lumière palissait, comme une lampe devant laquelle on tirait un rideau de soie.
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Tabitha franchit la première porte de cèdre. Comme Job se mettait en devoir de la suivre, il éprouva un sentiment de lassitude et se sentit subitement vieux et souffrant. Il se serait abandonné à la tristesse, sachant que son corps était redevenu celui d'un vieillard, n'eût été son ébahissement de se trouver, non dans le monde comme il le supposait, mais dans une sorte d'obscure placard. Le plafond était si bas qu'il s'y cogna la tête et fut obligé de se mettre à quatre pattes; sans doute la même mésaventure était-elle arrivée à Tabitha, car elle aussi était à quatre pattes, riant de tout son cœur. Sur le plancher, jonché d'une fraîche litière de paille. Mignon pelotonné sommeillait paisiblement. Près de lui se découpait une ouverture à travers laquelle on apercevait des plates-bandes de fleurs.
- Où sommes-nous fillette ? demanda Job en se frottant le crâne.
- Dans la niche de Mignon ! répondit Tabitha entre deux éclats de rire. Quelle chance il a ce Mignon ! Posséder dans sa niche la porte de l'Atelier, quand je suis obligée d'aller jusqu'à la clairière pour en trouver une ! Vois-tu Job, cela prouve bien que les animaux vont et viennent plus facilement que nous. Je suppose qu'il y a une porte dans chaque niche, dans chaque écurie, comme au fond de chaque terrier, ne crois-tu pas ?
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Job ne répondit pas. Il contemplait la petite ouverture donnant sur le jardin et se demandait comme diable ils réussiraient à s'y faufiler.
- Ne t'inquiète pas, dit Tabitha en remarquant son air soucieux. Nous nous en sortirons très bien, sans quoi Ariès ne nous aurait pas ramenés par ici. Ce qui me tracasse, c'est qu'il doit être l'heure de dîner et on se demande sûrement où nous sommes passés.
Job huma l'air, mais ne sentit ni l'odeur du souper de Mr Peregrine, ni celles des œufs au lard qui composaient l'ordinaire de son petit déjeuner; on ne respirait que le parfum des giroflées emperlées de rosée.
-Il y a encore de la rosée sur les fleurs ! remarqua t-il.
- C'est pourtant vrai ! s'écria Tabitha toute étonnée.
Elle se faufila à quatre pattes hors de la niche et constata qu'Ariès était réellement digne de confiance. Elle eut tout juste la place de passer et il en faut de même pour Job. Une fois dans la jardin du maître d'œuvre, étincelant de fraîcheur, Job regarda la soleil :
- Il est exactement tel qu'il était lorsque nous avons pénétré dans la carrière !
- Mais, Job nous sommes restés dans l'Atelier pendant des éternités !
Job se frotta le menton d'un air pensif.
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- C'était tout pareil pendant que je grimpais, dit-il lentement. Cela n'a duré qu'un clin d'œil, puisque le temps n'existe pas dans l'escalier. Eh bien, vois-tu, nous avons passé sur cet escalier tout le temps de notre absence. Nous nous haussions de degré en degré... et chaque fois que nous y retournerons, nous pourrons nous élever un peu plus haut. Il existe encore un autre monde au-delà de l'escalier et nous y entrerons un jour , fillette; je le sais, puisque je suis allé jusqu'à la porte qui y donne accès. L'Atelier est l'escalier qui mène d'un monde à l'autre, comprends-tu ?
Mais quand j'allais toute seule à la Vallée qui chante, j'arrivais toujours en retard à l'école, objecta la petite fille.
- Parce que tu perdais ton temps à baguenauder en route, cherchant des nids dans les haies et te débitant ille folies, je te connais !
-J'ai faim, dit Tabitha, passant du coq à l'âne.
- Eh bien, allons déjeuner.
Traversant le jardin, ils arrivèrent de l'autre côté de la maison; tous les stores étaient encore baissés aux fenêtres qui donnaient sur la rue et personne ne les vit passer.
Job et Tabitha remontèrent la Grande Rue et enfilèrent le raccourci qui menait à la rue du Bois.
- Job ! s'écria Tabitha
- Le ciel nous bénisse ! s'exclama Job.
Des deux côtés de la rue s'entassaient des troncs, non pas jetés en désordre, mais rangés en piles nettes comme si on avait pris plaisir à les y arranger.
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- Du chêne ! du chêne magnifique ! murmurait Job en extase, courant d'un côté à l'autre comme un vieux crabe en délire et tastant chaque tronc de ses mains tremblantes. Le plus beau chêne que j'aie jamais vu ! Ô mon Ange, quel navire nous allons construire; quel navire, Ariès, mon étoile ! Viens voir, fillette tâte ce bois. En as-tu jamais vu d'aussi beau ! loué sois le Seigneur !
Il était si agité que Tabitha craignit qu'il eût une attaque. Bien que très excitée elle-même, elle ne perdit pas de temps à parcourir la rue pour tâter les troncs : elle releva ses jupes, prit ses jambes à son cou et dévala la rue vers la maison du maître d'œuvre. Elle savait que sa chambre à coucher se trouvait au-dessus de la bibliothèque; elle s'arrêta sous ses fenêtres et se mit à danser d'un pied sur l'autre tout en appelant :
- Mr Peregrine ! Mr Peregrine !
Personne ne répondit. Tabitha se rappela qu'elle l'avait entendu dire à son père que la goutte lui donnait des insomnies; elle redoubla ses cris, mais Mr Peregrine ne répondit pas davantage.
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