Blog sur la nature et ses merveilles
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"La vallée qui chante " écrit par Elisabeth Goudge n'est plus édité depuis longtemps. C'est un livre merveilleux qui parle des esprits de la nature.
Je vais vous faire découvrir cette belle histoire..
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Au XVIIIe siècle, dans la ville de Hard, la petite Tabitha Silver a découvert "la vallée qui chante" c'est à deux pas de la ville, un paradis terrestre souterrain, peuplé de créatures fabuleuses, auquel la simplicité de l'enfance peut seule donner accès.
Au début de ce récit féérique et fantastique, la consternation règne dans le petit port de Hard où l'on doit abandonner, faute de crédits, la construction d'un magnifique navire.
Finalement, grâce à l'intercession de Tabitha et de quelques artisans au cœur simple, le peuple de la vallée viendra au secours de la ville et fournira au chantier naval tous les matériaux dont il a besoin.
Un récit merveilleux où chacun retrouvera, le temps d'une lecture, son âme d'enfant.
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Suite de l'histoire
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Tabitha vit, en effet, quantité de petits tunnels auxquels donnaient accès tantôt des ouvertures rondes comme des hublots et tantôt des portes voûtées. Certains d'entre eux étaient assez grands pour livrer passage à un chien, d'autres avaient juste la taille d'une souris.
- Vois donc ! s'écria tout à coup Tabitha. Il y a des yeux et des moustaches dans chaque terrier !
La fillette accoutumée maintenant à la pénombre, distinguait en effet de tous côtés des yeux brillants, des nez inquisiteurs, et le frémissement de moustaches étonnées.
Job s'arrêta, stupéfait.
C'était vraiment le monde renversé ! Dans la vie quotidienne, les animaux s'enfuient à la vue des enfants pour se réfugier dans leur terrier; mais ici, dévorés de curiosité, tous les dévisageaient sans crainte. Les enfants s'agenouillèrent et contemplèrent à leur aise, pour la première fois de leur vie, chacun des petits animaux qui vivent sous terre. Pas un seul d'entre eux ne se sauva; au contraire, les petites têtes soyeuses se tendaient amicalement vers eux et ils purent examiner à loisir blaireaux, lapins, taupes, loirs, hermines, belettes, renards et tant d'autres dont ils ne savaient pas même le nom. Non contents de les regarder, ils purent aussi les caresser derrière les oreilles et sur le bout du nez; plus d'une fois, quelque langue râpeuse vint leur lécher les doigts, un nez frémissant se blottit au creux de leur paume, tandis que dans les yeux vifs un regard amical répondait au leur.
Peut-être cette heure fût-elle la plus merveilleuse de celles qu'ils avaient passées dans l'Atelier : dépouillée de toute crainte et de toute cruauté, l'amitié des enfants et des bêtes est une plénitude de joie.
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- C'est le paradis ! chuchota Tabitha. Job ne la contredit pas, malgré l'expérience qu'il avait vécu près de la porte de cristal. Le paradis est un diamant aux mille facettes.
Les enfants étaient si heureux qu'ils auraient pu s'attarder indéfiniment chez les bêtes; mais soudain ils entendirent gronder au loin, comme un tonnerre, le galop sonore de quatre sabots.
- Voilà le lapin géant ! s'exclama Tabitha épouvantée. Elle avait beau savoir qu'il n'y avait rien à craindre dans l'Atelier, il lui était impossible de se défaire de toute frayeur. Job se montra plus raisonnable : Tabitha était ce que Soisette appelait "une véritable enfant", tandis que Job portait dans son jeune cœur toute la sagesse des vieillards.
- N'aie pas peur, dit-il, c'est une autre de nos amies les bêtes.
L'animal, qui débouchait à toute allure dans la galerie, s'arrêta court à la vue des enfants et plia sur son train de derrière. C'était une nature d'une indicible beauté, vêtue d'une toison immaculée, avec des sabots d'argent et des cornes magnifiquement enroulées des deux côtés de son noble visage. Ses yeux d'étoiles rappelaient ceux d'un Saint-Bernard; à la vérité, tout en lui évoquait les étoiles. Aucune constellation ne brille d'un éclat plus pure que celui de son corps blanc comme le lait; la lumière, scintillant sur ses cornes enroulées, y allumait mille étincelles.
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Tabitha et Job, eux aussi s'étaient arrêtés, et pendant un temps tous trois se dévisagèrent en silence. Il semblait à Job que l'ombre d'un sourire effleurait le noble mufle du merveilleux animal, dont la toison répandait un parfum de réséda, comme s'il se fût roulé dans les prés embaumés de Sicile. Qui peut-il être ? se demandait Tabitha. Est-ce une nouvelle espèce d'Ange ? Peut-être le dieu Pan lui-même ? Soudain un nom lui vint mystérieusement à l'esprit : Ariès. Mais qui est Ariès ? Voyons... Ariès figurait dans la petite chanson que les écoliers fredonnaient en classe le jour précédent; Ariès, le Signe du Bélier.
- C'est un bélier, chuchota t-elle à l'oreille de Job, et il s'appelle à l'oreille de Job, et il s'appelle Ariès.
- Un bélier ! s'exclama Job.
En vérité c'en était un, mais d'une beauté si majestueuse que les prairies du ciel devaient lui être plus familières que celles de la terre.
Tabitha se redressa, un peu émue.
- Job et moi sommes nés en avril, dit-elle timidement à Ariès. Elle hésita, le regardant anxieusement, car elle ne se rappelait plus très bien à quelle date les enfants d'avril cessent d'être sous la protection du Bélier pour passer sous celle du taureau. Au début d'avril, précisa t-elle enfin.
Ariès se redressa de toute sa taille, de sorte que son merveilleux visage se trouvait au niveau de celui des enfants, qu'il considéra d'un air bienveillant. Ses yeux d'étoiles plongèrent dans ceux de Job; puis, inclinant la tête avec dignité, il se détourna et reprit le chemin par lequel il était venu. Sa volonté était claire : nés sous sa bénéfique influence, les enfants étaient siens et il les guiderait lui-même jusqu'à la Vallée.
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- Que peut-il y avoir d'autre dans l'Atelier ? chuchota Tabitha en glissant sa main dans cette de Job.
- Toutes les légendes et tous les héros, déclara celui-ci. Les plus beaux rêves des hommes; même ceux qui ont été trop fragiles pour se réaliser. Je pense que ce n'est pas seulement la patrie de tout ce qui doit naître, mais celle de tout ce qu'on coyait disparu.
- Alors ce pays est immense ?
- Soisette t'a dit qu'il n'a pas de frontières.
La petite fille rassurée, serra plus étroitement la main de Job et suivit le merveilleux animal qui leur frayait le chemin.
Petit à petit la lumière apparut, illuminant l'entrée des terriers orientés au soleil, dessinant sur le sol un treillis d'or et mettant autour d'eux une brume argentée. Les sabots délicats d'Ariès foulaient la grille d'or: un halo entourait son corps splendide. Encore quelques pas, et ils se retrouvèrent dans une petite grotte pareille à l'intérieur d'un coquillage; l'ouverture voûtée qui y donnait accès était fermée par un rideau de fougères et entièrement bloquée par le corps admirable d'un énorme lion endormi. Ariès l'enjamba avec indifférence; les enfants hésitèrent un instant, car sa carrure excédait la taille ordinaire des lions autant que celle d'Ariès la taille ordinaire des béliers; et il n'y avait d'autres moyens de passer que de l'enjamber. Tout pacifique qu'il parût, avec son mufle paisiblement appuyé sur ses pattes, le serait-il encore si on l'éveillait au passage ? Les enfants se détournèrent du mufle redoutable pour regarder la queue du lion; ils eussent peine à en croire leurs yeux : elle s'enroulait autour d'un agneau endormi.
Job et Tabitha n'hésitèrent plus à passer, en s'accrochant à l'énorme crinière. Le lion entrouvrit ses yeux fauves, leur jeta un regard et se rendormit. Sa merveilleuse crinière sentait bon le trèfle chaud et son corps était tout baigné de soleil.
- C'est Léo, le Signe du Lion, murmura Tabitha; pendant un instant elle souhaita être née en août, sous la protection de cette bête seigneuriale. Puis relevant les yeux, elle vit Ariès qui les attendait et comprit qu'elle le préférait dans son cœur. Combien de protecteurs entourent les humains ! Non seulement chacun d'eux possède un Ange Gardien, mais encore une bête étoilée veille sur lui du fond des cieux.
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