• Les animaux redonnent le goût de vivre

    Par leur simple présence, des chiens, des chats, des chevaux ou plus surprenant des blaireaux, des singes ou des faucons, peuvent nous aider à trouver notre place dans le monde et redonner du sens à nos vies. Claire Aubé et Cécile Sylvestre ont recueilli de beaux témoignages qu’elles nous racontent dans Ces animaux qui nous apprennent à vivre (Leduc.s).

     

    Quand les animaux redonnent le goût de vivre

     

    Aujourd’hui, les chiens ne servent plus seulement à garder les maisons, les chats à éliminer les souris et les chevaux à tirer des charrettes… Une révolution est en train de s’opérer dans notre relation aux animaux domestiques ou sauvages. Ils sont devenus des confidents, des membres de la famille, des thérapeutes ou des révélateurs de vocation…

    Claire Aubé et Cécile Sylvestre, journalistes engagées dans la cause animale, ont choisi de nous le prouver avec des récits en forme de témoignages. Dans leur livre Ces animaux qui nous apprennent à vivre (Leduc.s), des tranches de vie se dessinent. Amandine a réussi à dépasser ses doutes et des angoisses en vouant son existence aux grands singes. La rencontre avec Booba, un poulain difficile, a été pour Célia le point de départ d’un changement de vie radical. Après avoir perdu la vue, Anaïs a pu se reprendre en main grâce à ses deux chiennes. C’est un blaireau femelle qui a poussé Virginie à quitter une carrière classique pour se consacrer à la protection de cette espèce mal aimée. Les faucons ont orienté Maud, étudiante en art, vers sa véritable vocation : fauconnière. Le chorégraphe Luc Petton confie que les oiseaux et loups de son spectacle ont été ses guides en développement professionnel et personnel. Quant à la journaliste Yolaine de La Bigne, à l’origine de l’« Université de l’animal », elle explique qu’elle ne peut vivre sans l’un d’eux à ses côtés et que les bêtes ont déterminé ses choix de carrière.

    Parmi toutes ces belles histoires, nous avons choisi de vous en raconter trois, parce qu’elles emportent avec elle un brin de magie supplémentaire.

    « Batman, mon ange gardien »

    Ilan et son super chat

     

     

    © Elisabeth Pesé :  www.elisabethpese.fr

     

    Freud comparait ses patientes narcissiques à des chats, ces animaux supposés n’être déterminés que par leur besoin égoïste de confort. Batman, confident et thérapeute d’Ilan balaye (une fois de plus) cette idée reçue. Ce jeune chat noir suit son petit maître partout. Quand il dessine, il se tient immobile auprès de lui. Il se laisse prendre dans les bras, secouer dans tous les sens, avec une indulgence et une patience dignes d’un vieux sage. « Mais le rôle de Batman dépasse celui d’un compagnon de jeu. Ce félin fait preuve d’une attention toute particulière aux humains qui l’entourent. Chaque jour, c’est un peu comme s’il faisait une patrouille, allant visiter chaque membre de la famille pour savoir s’il va bien. »

    Quand Véronique, la maman d’Ilan a été enceinte d’un troisième enfant, il a joué un rôle d’infirmier-surveillant, venant s’installer sur sa couette la nuit. Lorsque Philippe, le papa, rentre spécialement stressé du bureau, Batman s’assied sur ses genoux jusqu’à ce que la tension retombe. Surtout, il est toujours là quand Ilan est en difficulté, au bord de la crise. C’est que le petit garçon est sujet à des colères et à des angoisses qui le dépassent.

    Doté d’un Q.I élevé, d’une mémoire impressionnante, il est un temps classé parmi les enfants « hyperactifs ». Puis, il est un repéré comme « zèbre », terme employé par certains psychologues pour désigner les personnes à haut potentiel. Mais à l’école, c’est difficile : apprendre a toujours été un jeu, il ne comprend pas l’idée de devoir travailler, s’appliquer et ses relations avec les autres sont compliquées. En fait, il est un « zèbre complexe », présentant des troubles liés aux apprentissages. « Les « zèbres complexes » sont des enfants ayant un mode de fonctionnement particulier (hypersensibilité, intolérance à l’injustice, hyperstimulabilité), d’où le besoin de tout comprendre, de voltiger d’une idée à l’autre », explique Véronique. Le cerveau carbure à toute allure, le corps n’a pas le temps de suivre et l’enfant perd confiance en lui-même. Angoissé, il se pose des questions existentielles pas du tout de son âge.

    Heureusement, il y a Batman, présent « comme un phare au milieu de la tempête », toujours en connexion avec son petit maître qui dit de lui : « Il me relaxe ». « C’est une nounou, un chat-médicament qui prend sur lui le stress et le laisse glisser », conclut Philippe, le papa. Aujourd’hui, les choses vont mieux, mais Batman n’a pas renoncé à son rôle de gardien de l’équilibre émotionnel de son jeune maître : il l’aide à être plus serein et plus réceptif aux apprentissages scolaires.

     

    Les chevaux m’ont permis d’aimer a nouveau 

    Thierry Boissin et ses chevaux thérapeutes

    © Elisabeth Pesé :  www.elisabethpese.fr

    Thierry Boissin est psychologue, spécialisé en psychologie sociale. Homme du Sud, il vit en Camargue et aime galoper sur ses rustiques petits chevaux blancs, en liberté été comme hiver. Pourtant, l’univers carcéral n’est pas étranger à ces animaux. En effet, ils participent à un programme de réhabilitation destiné aux détenus de la prison d’Arles, une centrale qui héberge des prisonniers souvent très dangereux. Ce n’est pas une vocation de jeunesse mais une tragédie intime – la mort de son fils, Hugo, à l’âge de 7 ans – qui a conduit Thierry Boissin entre ces murs.

    Après ce cataclysme, il avait chuté dans un gouffre sans fond. « Les questions même bienveillantes du type : 'Comment tu vas ?', je ne pouvais plus les entendre, ça me hérissait le poil. J’allais mal, mal, mal. Qu’est-ce qu’ils voulaient que je leur réponde, ces gens-là ? ». Seuls ses deux étalons, Colin et Rocambole, l’ont empêché de sombrer tout à fait. Il s’est nourri de leur chaleur, de leur souffle, de leur vitalité. Il leur doit tout, assure-t-il. En particulier son intérêt actuel pour l’équithérapie et les thérapies médiatisées par l’animal.

    Il a fallu trois ans à Thierry pour se relever et reprendre son métier de psychologue. L’idée de faire entrer des chevaux en prison est venue d’une discussion avec le directeur de la centrale d’Arles : « Les prisonniers étaient comme moi depuis la mort de mon fils : condamnés à de longue peines, voire à la perpétuité. Si les chevaux m’ont aidé, pourquoi pas eux ? » Cet engagement est totalement bénévole. Il ne s’agit pas de « faire du cheval » mais de mettre la personne face à ses émotions.

    Grâce aux chevaux, les détenus apprennent à gérer leur violence et leurs frustrations. Certains, enfermés depuis des années, à l’isolement, recréent du lien, retrouvent le plaisir de la sensorialité, renouent avec leur famille. Le travail se fait longtemps à pied, il s’agit de trouver des stratégies pour communiquer avec des bêtes de 600 kilos qui ne sont pas du tout impressionnées par des postures de caïd. La dernière étape s’effectue en selle, avec une randonnée de 40 kilomètres dans la Camargue. « On fait souvent un arrêt par une boulangerie et certains ne savent même plus ouvrir une porte ni passer une commande. » L’objectif final du projet est d’éviter la récidive.

    Au contact de ces prisonniers et des chevaux, Thierry Boissin a retrouvé un certain goût de vivre. Puis, un nouveau cataclysme a fondu sur lui : sa compagne, rencontrée après la disparition d’Hugo s’est suicidée. « Je me suis alors dit que j’avais deux choix : replonger ou ne pas me laisser couler. » Il a choisi la vie.

    Puis, en 2017, il a reçu une proposition de  l’Ecole Domaine du Possible, créée par Françoise Nyssen, aujourd’hui Ministre de la Culture. Avec Jean-Paul Capitani, tous deux dirigent les éditions Actes Sud mais surtout, ils ont eux-mêmes perdu un fils, un adolescent trop sensible qui a mis fin à ses jours. L’école lui est dédiée. De la maternelle à la terminale, les enfants apprennent, au milieu des chevaux et des taureaux. La première réaction de Thierry Boissin a été de refuser : il ne se sentait pas la force de travailler avec des petits enfants. Puis il a cédé et, en février, il a animé son premier atelier, avec les chevaux, bien sûr

     

    Les animaux redonnent le goût de vivre

    Le chien complète l’homme 

    Marie-Claude Lebret et ses chiens guides

    Marie-Claude Lebret est considérée par son entourage comme une sorte de sainte totalement dévouée aux autres. Elle a eu l’idée de l’association Handi’chiens à la fin des années 80, en regardant un programme télévisé sur les chiens d’assistance aux États-Unis, véritables partenaires pour des maîtres incapables d’autonomie : des labradors ou des retrievers qui appellent l’ascenseur, ouvrent des portes, ramassent des objets. C’est une sorte de révélation : apporter cette technique en France sera sa mission.

     

    Source : www.psychologie.com

    « Êtres de la nature et peuple animal, qu’ont-ils à nous transmettre ?Des chiens détectent le cancer »
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