• Notre enfant intérieur

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    L’ humoriste Raymond Devos affirmait avec raison que nous sommes tous d’anciens bébés. Dans un livre à paraître, un grand vénérable du bouddhisme, le maître vietnamien Thich Nhat Hanh, nous exhorte justement à « Prendre soin de son enfant intérieur » (Belfond).

    Partant du principe que nous portons en nous les conditionnements, souvenirs ou blessures de notre enfance, et que ceux-ci nous accompagnent dans notre vie d’adulte, il nous invite d’abord à en prendre conscience, puis à employer des techniques psychosomatiques pour guérir les effets pervers de cet héritage.

    Le premier stade est simple, il suffit d’un peu d’introspection. Une dame me racontait récemment que la nourrice à qui ses parents la confiaient, lorsqu’elle était petite fille, l’enfermait souvent seule dans une chambre obscure. La tristesse ressentie alors, et dont elle n’avait jamais parlé à personne, l’a suivie sa vie durant comme une ombre.

    Il existe heureusement des exemples plus plaisants ! En fouillant en soi, chacun peut retrouver cet enfant qui a dû lutter pour créer sa place dans l’existence, découvrir ses vérités personnelles, subir les contraintes de l’éducation et du milieu, les joies et avanies de la vie de famille, de l’école… Bien sûr, il y a en nous plusieurs personnages : l’enfant gâté ou esseulé, le timide ou le batailleur, l’introverti ou l’extraverti, le rationnel ou le rêveur, sans oublier la présence du père, de la mère et de la fratrie. Tous se superposent pour tisser la toile dont nous sommes faits. 

    Or, second stade, Thich Nhat Hanh insiste sur la possible « guérison » de l’enfant souffrant qui vit en nous, celui dont le mal-être, les peurs ou les traumatismes n’ont jamais été soignés. Il appelle parfois à l’aide, mais nous ne l’écoutons pas assez, dit le maître vietnamien. Et il précise : « Dès l’instant où nous prenons conscience de l’existence de cet enfant blessé, et cessons de l’ignorer davantage, notre compassion pour lui peut grandir, et c’est alors que nous commençons à générer l’énergie de la pleine conscience.

    Pour produire cette énergie, les pratiques de la marche, de l’assise et de la respiration “pleinement consciente” sont nos fondements. Grâce à elles, nous revenons à la sagesse éveillée présente dans chaque cellule de notre corps. Cette énergie va nous accueillir et nous soigner et, ce faisant, elle guérira notre enfant blessé. »  C’est sûrement une bonne façon de nous libérer et de faire grandir l’âme en nous, dont François Cheng dit qu’elle est « le vrai fruit de l’existence ».   

    Marc de Smedt 

     

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