• Les plantes ont du génie,

    "Les plantes ont du génie"

    Le phytologue Xavier Ormancey n’en démord pas : les plantes, dit-il, sont intelligentes, elles sont même géniales. Diplômé de l’Ecole nationale supérieure de chimie de Montpellier, il est à la tête d’une équipe de plus de 150 scientifiques, au Centre international de recherche de Cosmétique Végétale ® d’Yves Rocher – dont il est le directeur recherche et innovation. Ce qu’il demande à ses troupes ? Dialoguer avec les plantes !

     

    Ne vous emballez-vous pas quand vous parlez de « génie des plantes » ?

    Je suis un chercheur qui pense aussi avec ses pieds : j’ai besoin de sortir du laboratoire, d’aller sur le terrain où je trouve mon inspiration. J’ai sillonné la planète et constaté que les végétaux sont des êtres d’intérêt, dotés de capacités exceptionnelles. On n’a jamais pris le temps de s’y intéresser ; pourtant, ils ont des choses à nous apprendre. On parle beaucoup de « l’homme augmenté » par la technologie. Je pense qu’il peut l’être aussi par le végétal, notre égal.

     

     Avec lequel vous comptez dialoguer ! Qu’entendez-vous par là ?

    L’écouter, communiquer, répondre. Interagir, comme le font les plantes entre elles pour lutter contre les insectes, les maladies. Apprendre à les comprendre, puis à les stimuler, serait un pas de géant. On voit les végétaux comme des êtres basiques, figés, reproduisant des mécanismes simples, programmés – la croissance, la floraison, etc. Or, ils sont aussi capables de ressentir et de s’adapter, de gérer des informations avec un système nerveux qui n’est pas aussi complexe que le nôtre, mais qui existe. En 1880, Darwin parlait du « cerveau des plantes » qu’il comparait à celui des « animaux de bas étage » . Il le situait dans les radicules, l’extrémité des racines : c’est en effet par là que remontent les informations. On pense aujourd’hui que la coordination se fait au niveau du cambium, entre l’écorce et la partie centrale du végétal, où s’interconnectent les racines. 

     

    Comment se traduit cette intelligence ?

    Les exemples abondent. Des scientifiques japonais étudient le potentiel bioélectrique de certains arbres qui leur permet de ressentir, bien avant nos capteurs les plus sophistiqués, bien avant les animaux, les prémices d’un tremblement de terre ou d’un tsunami ; leurs racines se développent alors pour s’ancrer dans le sol. D’autres espèces, dans les zones tropicales, émettent, quand elles ont soif, des composés organiques volatils qui créent des nuages… et provoquent la pluie. Les plantes fabriquent aussi des protéines recombinantes que nous ne savons pas synthétiser – des essais sur les plants de tabac semblent prometteurs pour lutter contre des virus de type Ebola. 60 % de nos médicaments sont issus des plantes ou inspirés par elles. On reproduit certaines de leurs molécules en laboratoire,comme le taxol, issu de l’if et principal traitement du cancer du sein. Sa concentration est faible dans l’arbre, le synthétiser coûte cher. Une équipe de l’Inra de Nancy applique aux ifs le plant milking (« traite des plantes »). Cultivés hors sol avec des brouillards nutritifs, dans des conditions physiques déterminées,  ils sécrètent le taxol par leurs racines, en grande concentration : pour l’obtenir, il suffit de les « traire ». Quand on sait demander un service à la plante, elle nous le rend !  

     

    Reste-t-il des choses à découvrir dans ce domaine ?

    Tout est encore à inventer. Nous ne connaissons que deux tiers des végétaux qui existent (300 000 sur 500 000) et nous ne comprenons pas encore très bien leurs mécanismes de vie, d’adaptation. Le champ des possibles est incroyable. La révolution végétale est encore à venir. 

     

    Source : Newsletter CLES

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