• La neige

    La neige

    La neige

    J'aime la neige éblouissante
    Qui couronne les vieilles tours,
    Et sur les arbres qu'elle argente :
    Courbe la feuille jaunissante,
    Dernier souvenir des beaux jours.

    La neigeSes blancs flocons avec mystère
    Reposent au toit des maisons,
    Et d'une tunique légère
    Voilent la face de la terre,
    Ainsi que de molles toisons.
     
    Écoutez ! tout semble immobile,
    La neige endort tous les échos ;
    Sans bruit passe la foule agile,
    Et sur l'enceinte de la ville
    Pèse un mystérieux repos.

    La ville est un camp qui sommeille La neige
    Avec ses muets pavillons,
    Quand le vent n'apporte à l'oreille
    Que la voix du soldat qui veille,
    Dans l'absence des bataillons.
     

    C'est une flotte dont la grâce
    Fait rêver aux golfes des cieux,
    Une blanche flotte qui passe,
    Et qui semble au loin dans l'espace
    Suivre un astre silencieux.

    L'arbre balancé par l'orage
    Est un mât penché sur les mers,
    La neigeChaque brise un chant de la plage,
    Chaque voix un cri du rivage
    Prolongé sur les flots amers.

    Et le soir quand la ville étale
    L'éclat de ses mille flambeaux,
    C'est une tente triomphale
    Qui, dans sa grâce orientale,
    Garde la couche d'un héros.

    Antoine de Latour
     
     
    La neige
     

     
    « Une très belle déclaration de Meryl StreepLe silence »
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